Ce que nos journaux disent des robots qui nous lisent
En bref : on a compté, robot par robot, qui vient vraiment lire la tour. Sur trente jours : 2 486 requêtes se disaient robot d'intelligence artificielle, et 758 venaient d'une adresse qui n'était pas la leur. Près d'un menteur sur trois.
1. La question qu'on n'avait jamais posée
On savait que des robots venaient. « ChatGPT nous lit », « Claude nous lit » — on le disait comme une évidence, sans l'avoir jamais vérifié ligne par ligne. Alors on est allés voir le journal du serveur : le fichier qui note, seconde par seconde, qui a frappé à la porte, avec quelle carte d'identité.
2. Près d'un robot sur trois ment
Premier choc : un visiteur qui se présente comme « GPTBot » ou « OAI-SearchBot » ne l'est pas forcément. N'importe qui peut écrire ce nom dans sa requête. La seule façon de savoir, c'est de vérifier l'adresse d'où vient la requête, contre la liste que le vrai fournisseur a publiée. Sur 2 486 requêtes qui se disaient « robot IA », 758 venaient d'ailleurs.
3. Moins d'une page sur quatre existe pour les IA
Sur les 313 pages du plan du site, 72 ont été lues par un vrai robot d'IA en trente jours. Les 241 autres n'existent tout simplement pas pour une intelligence artificielle. Pas parce qu'elles sont mauvaises. Parce que personne, humain ou machine, n'est encore venu les chercher.
4. Deux robots qui ne se ressemblent pas
Un robot d'entraînement (ClaudeBot, GPTBot) passe par vagues, pour nourrir un futur modèle. Un robot de recherche en temps réel (OAI-SearchBot) vient chercher une page précise, à l'instant, parce qu'une vraie personne vient de poser une vraie question à une IA — et que cette page a servi de réponse. C'est ce deuxième type qui compte le plus : chaque fois qu'il passe, quelqu'un vient de nous citer.
5. Ce qu'on montre, ce qu'on garde
On montre ici le résultat de la mesure : les chiffres, la preuve qu'un robot peut mentir sur son nom. On ne montre pas la mécanique exacte qui sert à vérifier une identité — elle reste un outil de travail, pas un article de blog.
On ne devine plus qui nous lit. On le mesure, robot par robot, et on corrige ce que la mesure montre.